Oui, des vols seront bien réduits ce mardi 29 septembre 2026 à Paris-Charles-de-Gaulle et à Marseille-Provence, et si le vôtre est retardé ou annulé, vous conservez des droits précis : remboursement ou réacheminement, prise en charge sur place, et parfois une indemnité. La Direction générale de l’aviation civile (DGAC) a demandé aux compagnies d’alléger leurs programmes en raison de la grève des contrôleurs aériens, qui se joignent à la journée nationale de mobilisation de la fonction publique. Voici, point par point, ce que vous pouvez exiger — et ce que vous ne pouvez pas.
Les points :
- En bref
- Ce que prévoit la grève côté aérien
- Situation par situation : vos droits
- Vol annulé : remboursement ou nouveau vol, vous choisissez
- Retard : repas, communications et hôtel restent dus
- Indemnité de 250 à 600 € : la nuance que beaucoup ratent
- Vol maintenu mais trajet impossible : anticipez
- FAQ
- À retenir
En bref #
- La DGAC demande une réduction des vols de 5 % à Paris-CDG (7 h – 20 h) et de 25 % à Marseille-Provence (16 h – minuit) ce mardi, selon Europe 1.
- Vol annulé : vous choisissez entre le remboursement sous 7 jours francs et le réacheminement, quel que soit le motif, grève comprise.
- Repas, rafraîchissements et, si besoin, hôtel restent dus par la compagnie même en cas de grève du contrôle aérien.
- L’indemnité forfaitaire de 250 à 600 € n’est en revanche généralement pas due pour une grève des contrôleurs — elle peut l’être si c’est le personnel de la compagnie qui fait grève.
Cet article se concentre sur l’aérien et vos droits de passager. Pour la journée du 29 septembre dans son ensemble (écoles, trains, administrations), consultez le point secteur par secteur.
Ce que prévoit la grève côté aérien #
La journée nationale de grève dans la fonction publique est appelée par huit syndicats (CGT, CFDT, FO, UNSA, FSU, Solidaires, CFE-CGC, FA-FP), sur fond de gel du point d’indice. Les syndicats du contrôle aérien se joignent au mouvement. Pour « limiter les perturbations et garantir la sécurité des opérations aériennes », la DGAC a demandé aux compagnies de réduire leurs programmes de vols :
| Aéroport | Réduction demandée | Créneau concerné |
|---|---|---|
| Paris-Charles-de-Gaulle | 5 % | De 7 h à 20 h |
| Marseille-Provence | 25 % | De 16 h à minuit |
Nantes-Atlantique, Strasbourg-Entzheim, Limoges, Tarbes-Lourdes-Pyrénées et Pau-Pyrénées sont également concernés, sans pourcentage communiqué. Ces taux portent sur le programme global : votre vol peut être maintenu, décalé, retardé ou annulé, et le programme pourrait encore évoluer jusqu’au départ. Vérifiez le statut de votre vol auprès de la compagnie (application, courriel, SMS) et sur le site officiel de l’aéroport avant de partir vers le terminal, et gardez une capture d’écran du statut affiché.
Situation par situation : vos droits #
| Situation | Vos droits |
|---|---|
| Vol annulé | Choix entre remboursement du billet sous 7 jours francs et réacheminement vers la destination finale, dès que possible ou à une date ultérieure à votre convenance. |
| Vol retardé | Assistance (rafraîchissements, repas, communications, hôtel si besoin) selon l’attente et la distance ; remboursement possible si le retard au départ atteint 5 heures et que vous renoncez au voyage. |
| Correspondance ratée sur une même réservation | La compagnie traite l’itinéraire dans son ensemble : réacheminement vers la destination finale, ou remboursement des parties du voyage devenues inutiles avec, si nécessaire, retour au point de départ. |
| Vol maintenu mais raté (RER, métro perturbés) | Pas de droit particulier vis-à-vis de la compagnie : anticipez largement votre trajet et vérifiez les éventuelles mesures commerciales. |
Vol annulé : remboursement ou nouveau vol, vous choisissez #
Le règlement (CE) n° 261/2004, qui encadre les droits des passagers aériens dans l’Union européenne (UE), s’applique quelle que soit la cause de l’annulation, y compris une grève. La compagnie doit vous proposer le choix entre le remboursement du billet dans les 7 jours francs pour la partie non effectuée (avec, si nécessaire, un vol retour vers votre point de départ) et le réacheminement vers votre destination finale dans des conditions comparables, dès que possible ou à une date ultérieure qui vous convient. Ces règles figurent sur service-public.fr et sur le portail Your Europe de l’UE.
Point de vigilance : un avoir ne remplace le remboursement qu’avec votre accord. Si vous voulez récupérer votre argent, n’acceptez pas automatiquement un bon de voyage. Et si le réacheminement ne presse pas, rien n’interdit de choisir une date ultérieure — voire d’en profiter pour repenser votre séjour vers une destination pas chère.
Retard : repas, communications et hôtel restent dus #
L’assistance est due par la compagnie même lorsqu’une circonstance extraordinaire, comme une grève du contrôle aérien, écarte l’indemnisation forfaitaire. Elle se déclenche selon la distance du vol et le temps d’attente : à partir de 2 heures pour les vols de 1 500 km ou moins, 3 heures pour les vols intra-UE de plus de 1 500 km et les autres vols de 1 500 à 3 500 km, 4 heures au-delà. Elle comprend rafraîchissements, restauration et deux communications (appels ou courriels) ; si le départ n’est possible que le lendemain, la compagnie doit aussi prendre en charge l’hôtel et le transfert.
À lire L’hôtel et la location en questions : le guide pratique du voyageur
Si rien ne vous est fourni sur place, avancez des dépenses raisonnables et conservez chaque facture (repas, hôtel, transport) : vous pourrez en demander le remboursement à la compagnie.
Indemnité de 250 à 600 € : la nuance que beaucoup ratent #
L’indemnisation forfaitaire prévue par le règlement (250 € jusqu’à 1 500 km, 400 € pour certains vols de 1 500 à 3 500 km, 600 € au-delà hors UE) n’est pas due lorsque l’annulation résulte d’une « circonstance extraordinaire ». Or une grève de personnels extérieurs à la compagnie — les contrôleurs aériens, précisément — est l’exemple type cité par service-public.fr. Pour la plupart des vols touchés ce mardi, vous ne pouvez donc pas prétendre à cette indemnité ; remboursement, réacheminement et assistance restent en revanche pleinement dus.
La situation est différente si c’est le propre personnel de la compagnie qui fait grève (pilotes, personnel navigant) : la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a jugé, dans son arrêt du 23 mars 2021 (affaire C-28/20, Airhelp contre SAS), qu’une grève interne organisée dans le cadre légal n’est pas une circonstance extraordinaire. Dans ce cas, vous pouvez prétendre à l’indemnité si les autres conditions sont réunies — notamment, hors annulation, une arrivée retardée d’au moins 3 heures. C’est à la compagnie de démontrer le lien entre la grève et la perturbation : demandez toujours une réponse écrite et motivée. Et quand l’indemnité est due, elle s’ajoute au remboursement du billet.
Vol maintenu mais trajet impossible : anticipez #
Si votre vol est maintenu et que vous le ratez parce que le RER (Réseau express régional), le métro ou un autre transport est perturbé, le règlement européen ne vous ouvre aucun droit particulier contre la compagnie. Partez très en avance, vérifiez l’état du trafic avant de quitter votre domicile et prévoyez un itinéraire de secours. Certaines compagnies peuvent annoncer des mesures commerciales (modification sans frais, report) pour la journée : c’est à vérifier au cas par cas auprès de votre transporteur, jamais garanti. Ces questions de remboursement ne sont pas propres à l’avion : voyez aussi nos réponses sur l’annulation d’une réservation d’hôtel et qui rembourse une location en cas d’imprévu.
À lire Petit-déjeuner à l’hôtel : est-il obligatoire et combien coûte-t-il ?
FAQ #
Mon vol du 29 septembre est annulé : puis-je me faire rembourser ?
Oui. Quel que soit le motif, grève comprise, la compagnie doit vous laisser choisir entre le remboursement du billet sous 7 jours francs et un réacheminement vers votre destination finale (règlement CE n° 261/2004).
Puis-je réclamer les 250 à 600 € d’indemnité pour cette grève ?
En général, non : la grève des contrôleurs aériens est extérieure à la compagnie et constitue une circonstance extraordinaire. En revanche, si la perturbation vient d’une grève du personnel de la compagnie elle-même, vous pouvez prétendre à l’indemnité si les conditions sont réunies (CJUE, 23 mars 2021, C-28/20).
J’ai raté mon vol maintenu à cause des transports en commun : un recours ?
Non, pas auprès de la compagnie. Anticipez largement votre trajet et vérifiez si votre transporteur propose une modification sans frais pour la journée ; à défaut, vous pouvez demander le remboursement des taxes d’aéroport d’un billet non utilisé.
À retenir #
Un programme réduit ne signifie pas que votre vol est annulé : vérifiez son statut avant de partir. En cas d’annulation, exigez le choix remboursement sous 7 jours / réacheminement ; en cas d’attente, faites valoir l’assistance (repas, hôtel si besoin), due même en circonstance extraordinaire. L’indemnité forfaitaire, elle, tombe presque toujours pour une grève du contrôle aérien — mais pas pour une grève interne à la compagnie. Gardez billets, notifications, captures d’écran et factures, adressez une réclamation écrite au transporteur qui a opéré le vol et, en cas de blocage, tournez-vous vers le Médiateur Tourisme et Voyages.
À lire À partir de quel âge peut-on réserver une chambre d’hôtel ?




